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· ジュネーヴ(スイス) · フランス語

Journal de Genève

1926年9月28日の『ジュルナル・ド・ジュネーヴ』は、郡庁や裁判所の廃止に抗議する市長たちの要求を改革への脅威と捉え、ポアンカレの断固たる姿勢を擁護した。スイスの小麦政策を論じた社説は、備蓄と生産者支援を輸入独占なしで実現する発議案を示し、独占案への反対投票を訴えた。ソヴィエトの獄中生活については、匿名の外国人が語る処刑待ちの恐怖、過密な監房、領事館からの援助、外国代表団に見せる刑務所との落差を伝えた。

翻訳

フランスの市長たちの抗議

本紙のパリ通信員からの便り。

改革を実行しようとする政府は、必ず大きな抵抗に遭う。それが物事の道理というものだ。したがって、いくつかの郡庁と郡裁判所の廃止をめぐって運動が起きていることに、驚くには当たらない。だが、目下の騒動を見ると、ポアンカレ内閣が現れつつある反対勢力に打ち勝つには、持てる力をすべて振り絞る必要があるだろう。

この反対運動は、実に奇妙な形を取った。郡長を失った116都市の市長がパリのブルボン宮の一室に集まり、サヴォワ県選出の代議士でサン=ジャン=ド=モーリエンヌ市長でもあるファルコズ氏が議長を務めた。発言した人々は口々に辛辣な言葉を浴びせ、政府は与えられた全権を、当初の了解どおり経費節減に使うのではなく、議会が望まなかった変革を行うために使っている、と非難した。要するに、機会に乗じて両院に無理強いし、既成事実を突きつけたというのである。首を切り落とされた都市の市長たちは、採択した決議の中で、とりわけ「全体計画もなく考えられた措置を場当たり的に実施することに」抗議し、政府に対して「行政改革について議会の判断を仰ぐまで、政令の施行を停止するよう」求めている。実際には命じているのだ。

一つの出来事が、その憤激を頂点にまで高めた。代表団がポアンカレ氏を訪ねることになっていた。ところが土壇場になって、同氏は行き違いがあったと知らせてきた。国会議員の代表団だと思っており、それなら喜んで面会する用意があったが、市長の団体の代表者と協議するわけにはいかない、それでは権限の危険な混同を招くからだ、というのである。つまり首相は、抗議する人々を「追い払った」のだ。

ポアンカレ氏の態度は十分理解でき、理にかなっているとさえ言える。同氏が実現しようとしている改革は、いま細部にわたる協議に応じれば、決して実施されないだろう。しかも発表済みの改革は、おそらくさらに大規模な改革の端緒にすぎない。損害を受ける利害関係者が結束し、政府が軽率にもそのような討議に応じれば、破滅するだろう。この種の措置は、いっさいの妥協を認めない一体のものとしてしか実施できない。その決定がかくも多くの人々、さらには多くの地域社会の反感を買っている現内閣が難局を切り抜けるには、誰にもひるまず、いかなる騒ぎにも一瞬たりとも足を止めず、厳しい決意をもって道を進むほかない。このことは支持者も反対者も等しく承知している。しかも、面会を当然のように要求した代表団は、脅し文句を口にしてやって来たのだから、ポアンカレ氏の拒絶にはなおさら理由があった。というのも、あらかじめ決めていたのである。今回の申し入れが実を結ばなければ、つまり平たく言って政府の首班が屈服しなければ、呼びかけようと—

条文

[?] では、発議案の条文を。

第23条の2。

1. 連邦は、国内の小麦供給を確保し、スイスにおける小麦栽培を奨励するための措置を講じる。

2. とりわけ、次のことを行わなければならない。
a. 自ら小麦を備蓄し、または他の方法による備蓄の確保を図る。
b. 適切な規則と措置によって、国産小麦の栽培、利用および加工を促進・奨励し、製粉に適した良質の小麦の生産者に対し、スイスでの小麦栽培を可能にする価格を保証する。生産者兼消費者と山岳地方の住民の利益にも、公平に配慮するものとする。

3. これらの原則の実施方法は、法律で定める。ただし、戦時の必要による場合を除き、連邦にも民間団体にも、小麦を輸入する独占的権利を与えてはならない。

この二つの条文の本質的な違いは、次の点にある。第二の条文は輸入独占を排除しているが、第一の条文は逆にそれを認めている。

誤解を避けるために念を押しておくと、連邦参事会は、12月5日に有権者が二つの制度から選べるようにすることを拒んだ。投票に付されるのは第一の、独占制度の案だけである。発議案が国民の判断に付されるのは、その後になる。

したがって、この秋は主として独占の問題に取り組まなければならない。われわれを反対投票へと向かわせる、きわめて強い理由を、今後詳しく述べていく。

J. M.

第2・第3面に

ロシアで見聞したこと

ボリシェヴィキの牢獄。—現体制への募る憤り。—軍隊。—この先どうなるのか。

私は、ボリシェヴィキの牢獄から逃れてきたばかりの友人と話す機会を得た。彼は5年前、白軍のためにスパイ活動をしたという名目で死刑を宣告された。7か月間、いつ銃殺隊が来るかと、一時間一時間を過ごした。精神的な抵抗力をくじき、仲間を密告させることが狙いだった。ロシア人だったら銃殺されていただろう。だが外国人なので、チェーカーは何も聞き出せないことに疲れ、ついに死刑を終身刑に減刑した。彼がどうやって国境を越えたのかは言うまい。私は体験から受けた印象をまとめて話してほしいと頼んだ。

「『スメルトニク』、つまり死を待つ者だった間は、かなりまともに扱われました」と彼は言った。「食事はよく、看守も丁寧でした。そういう習わしなのです。屠殺場へ送る前に生きる喜びを味わわせてくれる、チェーカーの心遣いですよ。ほとんど毎晩、誰か一人を最後の旅へ連れていくために迎えが来ました。銃床が廊下の敷石を打つ音が聞こえるたび、次は誰の番だ、と私たちは自問しました。長く続くと、平静を保つことが難しくなりました。言っておかなければなりませんが、死刑囚のほとんど全員が、見事な勇気を示しました。もっとも、大半は社会の精鋭に属する人たちでした。

減刑後、私は[?]の刑務所へ移されました。一人用の監房に4人で入れられました。水はありません。全員共用のおけが一つありましたが、中身を捨てることを許されたのは一日に一度だけでした。食事は足りず、一日400グラムのパンと、かろうじて口にできるスープだけでした。領事館からの援助がなければ、飢えに苦しんだでしょう。看守たちは『バクシーシ』にめっぽう弱く、概して融通の利く連中でした。私は幸運にも刑務所の作業場で働くことができました。そこにはかなりの自由があり、囚人同士の会話も黙認されていました。残念ながら、作業場には700人しか入れませんでした。囚人は1,800人近くいたので、半数以上が、一日40分の散歩を除いて、ずっと監房に閉じ込められていたのです」。

—では、あなたの刑務所は、外国人に見せる刑務所ではないのですね。

—ソヴィエト当局は、決してそんなことはしません。外国の代表団には、かなりよく整えられた刑務所を見学させます。だが、ひどい目に遭うのは、

解説

財政再建の全権と地方機関の存続

代議院は財政再建のため、ポアンカレ内閣に特別な権限を与えていた。国民議会の歴史解説は、106郡庁の廃止をその施策の一環としている。一方、本紙の記事は郡長を失った116都市の市長が集まったと伝えており、数字は異なる。記事が伝える市長側の憲法上の論点は、節約のための権限が、議会の改めての判断なしに望まれない制度変更を行う権限まで意味するわけではない、というものだった。一方、通信員は自治体との交渉を改革全体への脅威と見なしている。裁判所の廃止は、この対立に切実な実態を与えた。2012年の上院報告による歴史的説明では、359の郡裁判所のうち227が廃止され、小都市の活力や司法利用の費用をめぐって批判が起きたとされる。議会は1930年に司法改革を撤回した。こうした利害があったからこそ、節約策は議会の権限と地方機関の存続を争う問題になったのである。

輸入独占を伴わない小麦供給の確保

ここに掲載された発議案は、小麦供給に対する公的責任と輸入取引の支配を切り分けている。備蓄、国内栽培の奨励、製粉用小麦の生産を成り立たせる価格を求め、生産者兼消費者と山岳地方の住民にも配慮している。制限するのは、その実現手段である。戦時の必要による例外を除き、連邦にも民間団体にも輸入独占権を与えない。したがって、J. M.の独占反対論は、農業支援そのものへの反対ではない。社説は投票の順序も重視し、12月5日に国民の判断に付されるのは独占案だけで、発議案は後になると述べている。その後、1928年9月の議会審議では、小麦政策を引き続き論じる中で1926年12月の否決に言及しており、この運動の後も、どの制度を採るかが立法上の課題として残っていたことが分かる。

外国籍、外部の援助、食い違う監獄像

この記事では、証言者の生存を左右する要素として外国籍が描かれる。語り手は減刑を外国人であることに結びつけ、囚人自身は領事館の援助のおかげで飢えを免れたと述べる。別の史料である1926年8月26日付の米国の外交訓令は、拘禁された米国人3人の深刻な困窮を報告してノルウェーの仲介を求め、そのうち一人が生計を牧師の慈善に依存しているとも記している。同時期のこの事例は、本紙の証言者を特定するものではないが、外部からの援助の重要性を理解する助けになる。続いて記事は、公式見学で得られる印象の証拠価値に異議を唱える。囚人は、自分の過密な刑務所と、外国代表団に見せる比較的整った刑務所を対比する。このスイス紙の報道では、個人の証言が苦難を伝えるとともに、訪問者の印象を全体の代表として受け取ることへの反論にもなっている。

原文

La protestation des maires en France

La protestation des maires en France Notre correspondant de Paris nous écrit: Un gouvernement qui veut effectuer des réformes se heurte toujours à de grandes résistances; c'est dans la nature des choses. On ne saurait donc être surpris du mouvement qui se produit à propos de la suppression d'un certain nombre de sous-préfectures et de tribunaux d'arrondissement. Mais l'agitation à laquelle on assiste montre que le cabinet Poincaré aura besoin de toute son énergie pour triompher de l'opposition qui se manifeste. Cette opposition a pris une forme bien curieuse. Les maires des 116 villes qui ont perdu leur sous-préfet se sont réunis à Paris, dans une salle du Palais-Bourbon, sous la présidence de M. Falcoz, député de la Savoie et maire de Saint-Jean-de-Maurienne. Les divers orateurs qui ont pris la parole se sont répandus en propos amers, accusant le gouvernement de se servir des pleins pouvoirs qui lui ont été accordés, non pas pour faire des économies, comme cela était entendu, mais pour opérer des transformations dont le Parlement ne voulait pas. En somme, on lui reproche d'avoir profité d'une occasion pour forcer la main aux Chambres et les mettre en présence de faits accomplis. Dans la motion qu'ils ont votée, les maires des villes décapitées protestent notamment «contre l'improvisation de mesures conçues sans plan d'ensemble; ils demandent au gouvernement (en réalité ils le somment) «de suspendre l'application du décret jusqu'à ce que le Parlement ait été appelé à se prononcer sur la réforme administrative». Un incident a mis au comble leur exaspération. Une délégation devait se rendre auprès de M. Poincaré. Mais, au dernier moment, celui-ci fit savoir qu'il y avait malentendu: il croyait qu'il s'agissait d'une délégation de parlementaires qu'il était tout prêt à recevoir; mais il ne pouvait discuter avec les représentants d'une association de maires, car il en résulterait une dangereuse confusion de pouvoirs. Bref, le président du conseil a envoyé «promener» les protestataires. L'attitude adoptée par M. Poincaré est très compréhensible et on peut même dire raisonnable. Les réformes qu'il tente de réaliser - et celles qu'il a annoncées ne sont sans doute que l'amorce d'autres plus vastes - ne seraient jamais appliquées s'il consentait maintenant à les discuter en détail; les intérêts lésés se coaliseraient et le gouvernement, s'il avait l'imprudence de se prêter à un débat de ce genre, serait perdu. De pareilles mesures ne peuvent être prises que comme un tout au sujet duquel aucune transaction n'est admise. Le ministère actuel, dont les décisions heurtent tant de gens et même tant de collectivités, ne peut se tirer d'affaire que s'il ne se montre intimidé par personne et poursuit son chemin avec une sombre énergie sans se laisser arrêter un seul instant par des criailleries quelconques; c'est ce que savent aussi bien ses adversaires que ses partisans. Le refus de M. Poincaré était d'ailleurs d'autant plus justifié que la délégation qui avait la prétention d'être reçue arrivait avec la menace à la bouche, car il avait été décidé au préalable que, si cette démarche était infructueuse, c'est-à-dire en bon français si le chef du gouvernement ne capitulait pas, on invite -

Des textes

[?] maintenant le texte de l'initiative: Article 23 bis. 1. La Confédération prend des mesures pour assurer l'approvisionnement du pays en blé et pour encourager la culture du blé en Suisse. 2. Elle devra notamment: a. Entretenir elle-même des réserves de blé ou pourvoir à ce qu'il en soit constitué de toute autre façon; b. Faciliter et encourager par des prescriptions et des mesures appropriées la culture ainsi que l'utilisation et la transformation du blé indigène et assurer aux producteurs de blé de bonne qualité et propre à la mouture un prix rendant possible la culture du blé en Suisse. Il sera tenu compte d'une façon équitable des intérêts des producteursconsommateurs et des populations des contrées montagneuses. 3. La loi déterminera l'application de ces principes. Toutefois, elle ne pourra attribuer ni à la Confédération ni à un organisme privé le droit exclusif d'importer du blé, les nécessités du temps de guerre étant réservées. La différence essentielle entre ces deux textes est la suivante: le second exclut le monopole d'importation, que consacre, au contraire, le premier. Rappelons, pour éviter tout malentendu, que le Conseil fédéral a refusé de laisser aux électeurs le choix entre les deux systèmes le 5 décembre: seul le premier, celui du monopole, sera présenté. L'initiative viendra plus tard devant le peuple. Cet automne, nous avons donc à nous occuper principalement du monopole, et nous exposerons de façon détaillée les motifs impérieux qui nous engagent à voter NON. J. M. En 2ᵉ et 3ᵉ pages

Choses vues en Russie

Les geôles bolchevistes. - Exaspéra tion croissante contre le régime actuel. - L'armée. - Comment cela finira-t-il? J'ai eu l'occasion de m'entretenir avec un ami qui vient de s'échapper des geôles bolchevistes. Il avait été condamné à mort il y a cinq ans, soi-disant pour espionnage en faveur des blancs. Pendant sept mois, il a attendu d'heure en heure le peloton d'exécution. Il s'agissait de briser sa résistance morale pour lui faire dénoncer des camarades. S'il avait été Russe, il aurait été passé par les armes. Mais comme c'est un étranger, la Tchéka, lasse de ne rien tirer de lui, finit par commuer la peine de mort en prison à perpétuité. Je ne dirai pas comment il a réussi à franchir la frontière. Je l'ai prié de me résumer ses impressions. Tant que j'ai été un «smertnik», c'est-à-dire un candidat à la mort, me dit-il, j'ai été traité assez convenablement. La nourriture était bonne, les geôliers polis. C'est l'usage. Une attention de la Tchéka qui nous faisait goûter la douceur de vivre avant de nous envoyer à l'abattoir. Presque chaque soir, on venait chercher l'un de nous pour le dernier voyage. Chaque fois que nous entendions des crosses de fusil frapper les dalles du corridor, nous nous demandions: A qui le tour? À la longue, il devenait difficile de maîtriser ses nerfs. Je dois dire que presque tous les condamnés ont fait preuve d'un courage admirable. Il est vrai que la plupart appartenaient à l'élite. Après la commutation, je fus transféré dans la prison de [?]. Nous étions quatre dans une cellule destinée à un seul détenu. Pas d'eau. Un baquet pour tous qu'il n'était permis de vider qu'une fois par jour: Nourriture insuffisante: 400 grammes de pain par jour et une soupe à peine mangeable, J'aurais souffert de la faim si je n'avais pas reçu des secours du consulat. Les gardiens, très accessibles aux «batchitchs», étaient généralement de bonne composition. J'ai eu la chance de pouvoir travailler dans les ateliers de la prison. Il y régnait une assez grande liberté et l'on y tolérait les conversations entre détenus. Malheureusement, ces ateliers ne pouvaient contenir que 700 travailleurs. Comme nous étions près de 1800, plus de la moitié des détenus restaient perpétuellement enfermés dans les cellules, à part les 40 minutes de promenade quotidienne. - Votre prison n'est donc pas de celles que l'on montre aux étrangers? - Les soviets s'en gardent bien. Ils font visiter aux délégations étrangères un pénitencier assez bien organisé. Mais malheur aux détenus qui ont

紙面の出典:Source: Le Temps archives / Journal de Geneve

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