Journal de Genève
- 小麦専売制に反対する
- 新しい理事会
- ローマ書簡――政治亡命者をめぐるイタリアの主張
新聞は穀物独占への反対運動を明言し、拡大する連盟理事会の連続性を問い、イタリアの政治亡命者への対応が受入国に及ぼす問題を考察した。
穀物社説の選択段落、理事会論評の結論、国籍剝奪をめぐる部分を採用。途中の省略を明示。
翻訳
小麦専売制に反対する
好むと好まざるとにかかわらず、スイス国民は今後数か月、小麦の話をたっぷり聞かされることになる。12月初めに、専売制の是非を投票で決めなければならないからだ。しかも、この秋には重要な選挙が予定されていないため、小麦問題は新聞の紙面も街頭の掲示板も、いっそう独占するだろう。大きな運動になる。対立するのは、一部の人が思わせようとしているような穀物栽培の奨励への賛否ではなく、国家による専売という解決策への賛否である。専売など御免だと考える人々の多くも、別の方法で農家の重い負担を軽くする必要があると確信している。
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12月5日に有権者の判断を仰ぐのは、専売案だけと確定した。連邦参事会は『ノイエ・チュルヒャー・ツァイトゥング』の提案を退け、シュルトヘス、ラウル両氏の旧案を引き継ぐ国民発議、すなわち専売なしで小麦栽培を奨励する案を、同時に投票にかけることを認めなかった。
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こうなった以上、今年国民に問われる唯一の問題、小麦専売制について、明確に立場を示さなければならない。『ジュルナル・ド・ジュネーヴ』は、かねて守り続けてきた経済的・政治的原則に忠実に、専売制に反対する運動を展開する。
新しい理事会
新たに選出されたのは、穏健な姿勢が正当に報われたポーランド、そしてルーマニア、オランダ、チリ、コロンビア、エルサルバドル、中国である。見てのとおり、今回の投票で理事会は大きく変わった。14か国のうち、ドイツを含め8か国が新顔になる。これまで国際連盟の政策は、かなりの継続性を保ってきた。その安定が初めて崩れたのである。根底から変わり、しかも人数が示すほどには強化されていないかもしれない理事会が、どのような考えでどう行動するか。大きな関心と、いくらかの懸念をもって見守られることになるだろう。
ローマ書簡――政治亡命者をめぐるイタリアの主張
イタリア政府は少し前、国外で体制の妨害を試み、反国家的な活動をするイタリア国民から国籍を奪う法律を成立させた。この法律の適用には難しさが伴う。反ファシストの多くは必要な身分証明書をすべて携えて国外へ渡り、イタリア国民として受け入れられている。国籍を失った日から、彼らを迎え入れた国の政府は、彼らをどう扱えばよいのか。解くべき興味深い問題である。
[…]
だが、この問題は、どの点で受入国の政府に直接の責任を負わせるのだろうか。
解説
農家支援と国家専売は同じ選択ではない
小麦をめぐる運動では、農業支援の目的だけでなく、その方法が争われた。国内の栽培を後押ししたい有権者でも、取引を国家の専売に置くことには反対し得る。代案の国民発議が同じ投票にかからないため、社説はこの区別を強く打ち出している。政府案への反対を農家への支援の否定と同一視させず、専売を退けても別の支援策を選べるという立場を示そうとしている。
代表を広げることと継続性を保つこと
国際連盟の理事会は、全加盟国が集まる総会と並ぶ、より少数で実務を担う機関だった。拡大や選挙は代表の幅を広げる一方、紛争を扱う顔ぶれを変える。ジュネーヴ紙が懸念するのは経験の継承であり、14か国中8か国が新顔になれば、協働関係や政策も変わり得る。参加の拡大を歓迎する見方とは異なり、この論説は改革の成否を、代表性と継続性という別々の尺度で考えている。
国籍剝奪が亡命者に及ぼす圧力
有効なイタリアの証明書で入国した人が、その後イタリアから国籍を奪われる。受入国は、自ら命じたのではない変更に直面し、その人が当初持っていた法的な身分と、ローマの現在の扱いが食い違うことになる。ローマ書簡はこの難しさを通じ、国外の反対派の扱いに他国政府を巻き込もうとするイタリアの要求を問い直している。亡命者への処遇を、どの国の政治的判断が決めるのかが核心だ。
原文
Contre le monopole du blé
Contre le monopole du blé
Bon gré, mal gré, les citoyens suisses entendront abondamment parler du blé au cours des prochains mois, car ils auront à se prononcer, au début de décembre, sur le principe du monopole. Comme, d’autre part, aucune élection importante n’est prévue pour cet automne, la question du blé accaparera d’autant plus les colonnes des journaux et celles des tableaux d’affichage. Ce sera une grande campagne qui mettra aux prises non pas, comme d’aucuns cherchent à le faire croire, les partisans et les détracteurs de l’encouragement à la culture des céréales, mais les protagonistes et les adversaires de la solution étatiste du monopole. Car beaucoup de ceux qui ne veulent pas entendre parler du monopole sont convaincus de la nécessité de faciliter, par d’autres moyens, la tâche très lourde de nos agriculteurs.
[...]
Il est maintenant certain que seul le monopole sera soumis aux électeurs le 5 décembre : le Conseil fédéral a refusé d’y joindre, comme l’avait proposé la Nouvelle Gazette de Zurich, le vote sur l’initiative populaire qui, reprenant l’ancien projet de MM. Schulthess et Laur, préconise l’encouragement à la culture du blé sans monopole.
[...]
Dans ces conditions, il faut prendre nettement position sur la seule question qui sera posée cette année au peuple : celle du monopole du blé. Le Journal de Genève, fidèle aux principes économiques et politiques qu’il ne cesse de défendre, fera campagne contre le monopole.
Le nouveau Conseil
Les nouveaux membres élus sont la Pologne, qui recueille le fruit mérité de la modération, la Roumanie, la Hollande, le Chili, la Colombie, le Salvador et la Chine. Le Conseil, on le voit, sort de ce scrutin profondément modifié. Sur 14 membres, huit, en y comprenant l’Allemagne, seront nouveaux. Jusqu’ici, la politique de la Société des nations avait joui d’une grande continuité. Pour la première fois, cette stabilité se trouve rompue — et l’on observera avec une grande curiosité et quelque préoccupation l’esprit et l’action d’un Conseil transformé jusque dans ses fondements et peut-être moins fortifié que ne l’indiquent les chiffres.
Lettre de Rome — Autour des émigrés politiques : La thèse italienne
Le gouvernement italien a fait approuver, il y a quelque temps, une loi qui prive de la nationalité ceux des ressortissants italiens qui font, à l’étranger, œuvre antinationale en essayant de saboter le régime. L’application de cette loi ne va pas sans comporter des difficultés. Car il arrive que de nombreux antifascistes se rendent à l’étranger munis de toutes les pièces d’identité indispensables et sont reçus comme citoyens italiens ; du jour où ils perdent leur nationalité, comment doivent-ils être considérés par les gouvernements des pays qui les hospitalisent ? Voilà un cas intéressant à résoudre.
[...]
Mais en quoi ce problème engage-t-il la responsabilité directe de ces gouvernements ?