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· サイゴン(現ベトナム) · フランス語

L’Écho annamite

紙面はフランスの債務政策を植民地の土地と結び付け、開発権独占案を土地喪失と住民の発言排除の問題として論じた。ラックザーの投書は大規模な土地申請と耕作者への害を訴えるが、噂の不確かさも示した。講演報告は植民地支配を一時的としながら、解放の時期の決定を植民地住民自身ではなく連盟に委ねた。

翻訳

植民地がフランスの債務を払うことになる

この法案は、植民地で認められる開発権を独占する仕組みを設けようとするものである。
その主要な規定は次のとおりだ。
〔…〕「国営会社」〔…〕資本金を100億金フランとし、国は独占権を提供する代わりにこれを受け取る。
国は資本の半分を株式として保有し、残りの半分を一般に売り出す。
利益は当然ながら、国と株主で折半する。
償却の仕組みを設け、99年後には国が唯一の株主となる。
ボワイエ氏によれば、この提案なら植民地の土地を一片たりとも手放すことなく、短期間でフランの価値回復に十分な外貨を国にもたらすという。
つまり、国有地の売却収入は当該植民地のためにはならず、少なくともその大半が本国の予算に入ることになる。
まったく、見事な思い付きではないか!
あとは、現地の住民がそれを承知するかどうかである。
最も直接の利害関係者であるにもかかわらず、いつものように彼らの意見は聞かずに済ませるのだろう。法案は植民地の選挙で選ばれた機関を経ず、直接、代議院の審議に付されるからだ。
これまでの例からすれば、アンナン人が自分たちに関わるこの案を黙って受け入れるはずはない。
サイゴン・ショロン港を25年間、一企業に譲り渡そうとしたカンドリエ調査団に、激しい抗議が起きたことを覚えている。
だが、その囲い込みの策など、ボワイエ氏の案に比べれば取るに足りない。こちらは植民地の利用可能な土地をすべて、一つの企業集団が99年間、独占して開発するために確保し、その後はフランス国家が唯一の所有者となるというのだ。
言い換えれば、独占が始まった瞬間に、植民地は所有者の定まっていない土地をすべて、取り返しのつかない形で永久に奪われることになる。

事実関係を明らかにする

実際、1926年8月14日以来、ラックザーの監督官庁と関係する村の集会所には、SICAF(オンベール・グループ)が提出した「国有地の有償譲渡」の申請が掲示されている。面積は3万ヘクタール――念のため繰り返すが、3万ヘクタール、それ以下ではない。タンビエン地区の6村(Dông-Yên、TàyYn、Dông-Thai、Dông-hoà、Dông-Thanh、Dông-hung)にまたがり、最近掘られた未完成のソン・カイロン、ラック・カンガオ運河(ラックザー―ガマウ)の全長40キロのうち、39キロを占めている。
競売でも相対売買でもなく、99年間の長期賃貸である。その価格も条件も、最も事情に通じた人々でさえ知らない。
掲示に添えられた図面を見ると、この有力な会社だけに使わせるために運河を掘ったのではないかと思えてくる。その背後にはフォンテーヌ、〔…〕、コニャックがいるらしい、と口さがない人々――あるいは事情通――は言っている。
これほど広い土地の申請が、原生林と未耕地だけで済むはずはない。耕作地や開墾地も必ず含まれる。こうして既得権と最初の占有者の権利が侵害されるため、監督官庁と関係する村には大量の抗議が寄せられている。

植民地化と国際平和

将来の解放に備えなければならない
残念ながら、保護下にある諸民族はわれわれより劣り、永遠にそうあり続けるという偽善的な口実の下で、数多くの残酷な行為が植民地の歴史を汚してきた。個人の教育と同じく、民族の教育も一時的なものでしかあり得ないことを、われわれはあまりにも簡単に忘れている。未成年とされる諸民族が成年に達する時を見越し、さらにはその時を早めることこそ、すべての行政官の務めである。
だから、いわゆる有色人種は本質的に劣っているという教義を信じないわれわれ青年共和派は、ヴァレンヌ氏がサイゴンで述べた言葉を歓迎せずにはいられない。あの言葉は民族主義の新聞から、あれほど激しい抗議を招いたのだ。
国際連盟の役割
だが、解放の時を誰が決めるのか。未成年とされる民族自身ではあり得ない。それなら後見者か。いや、後見者はいつも、その時を遅らせたくなるだろう。統治によって商業上、軍事上の利益を得ていれば、なおさらである。
それを決められるのは、諸国家よりも上に立つ機関、すなわち国際連盟だけである。ヴェルサイユ条約によって連合国に割り当てられ、国際連盟の監督下に置かれた委任統治領も、まさにこの考え方に基づいている。
ヴェルサイユ条約の対象になっていない従来の植民地については、明らかに制度の空白がある。そして、本国が事態を先取りしなければ、植民地自身が解放の警鐘を鳴らすことになるのではないかと懸念される。

解説

植民地の土地で、なぜフランスの債務に対処できるのか

会社の構想は、植民地の開発権から長期にわたって得る収入を、今すぐ調達できる資本に変えるものだった。株式の半分を売れば、国家と共同で運営する事業に民間資金を取り込める。ボワイエは、そこで得られる外貨をフランの価値回復に結び付けている。本国の財政案が植民地の新聞の一面を占めるのは、フランスの問題を解くために、海外の土地と将来の収入が差し出されようとしていたためである。

フランスの所有のままでも、植民地が失うもの

ボワイエの弁明は、国家が植民地の領土を手放さないことにある。一方、論説が問うのは、土地の使い道を誰が決め、収入を誰が受け取るかだ。最終的な所有権がフランスに残っても、99年間の独占開発権によって植民地がその利益を失うことはあり得る。サイゴン・ショロン港の25年間の譲渡案との比較は、その規模を具体化する。争われているのは一つの港から、植民地の利用可能な土地全体へと広がっている。

土地の決定に住民の声が届くか

論説によれば、法案は植民地の選挙で選ばれた機関を経ず、直接代議院に送られた。影響を受ける現地の人々は、本国での審議に先立って、その機関を通じて異議を唱える機会を持てないことになる。記事は、収入を管理する権限と、決定に参加する権利を結び付けている。財政上の批判が、そのままベトナム人の抵抗を予測する議論へ進むのは、このためである。

運河の開発が土地争いにつながる理由

ラックザーの投書では、新しい運河のほぼ全長が、一社の申請する開発区域に含まれている。公共工事によって周辺の土地は利用しやすくなるが、その利益を広大な長期賃貸地に集中させれば、従来の耕作を脅かす可能性もある。投書が最初の占有者の権利を持ち出すのは、「国有地」という行政上の分類への異議である。当局が提供できると考える土地にも、すでにそこで働く人々がいるという問題を突き付けている。

解放の判断を国際連盟に託す理由

講演者は、利益を得ている植民地支配者が自ら権限を手放すことを信用せず、外から監督する機関を求めている。連盟の委任統治はその先例だった。規約第22条では統治国に年次報告を義務付け、常設委員会がこれを審査する仕組みが設けられていた。ただし、判断を支配国の外へ移しても、後見者と未成年という関係は残る。ここでの永続的な人種的劣等性の否定は、直ちに民族自決を認めることまでは意味していない。

従来の植民地には、その仕組みが及ばない

規約第22条の対象は、戦争の結果、以前の統治国の支配を離れた地域であり、既存の植民地すべてを委任統治に移す規定ではなかった。そこで講演者は制度上の壁に突き当たる。国際的な監督の手本はあっても、従来の植民地に自動的に適用されるわけではない。結びの解放への警告は、将来の解放を約束しながら、それを実現する仕組みがないという隔たりから出てくる。

原文

Les colonies paieront les dettes de la France

Ce projet de loi tend à instituer le
monopole des concessions à accorder
dans les colonies.
En voici les dispositions essentiel-
les:
Or^alÙM» J'ntic « Bocidt^ NtrtfUS'âlC W"
au capital de 10 milliards de francs-or
que l'Etat recevrait en échange de
l'apport du monopole ;
L'Etat conserverait, sous forme
d'actions, la moitié de ce capital et
placerait l'antre moitié dans le public ;
Les bénéfices seraient répartis, com-
me de juste, par moitié entre l'Etat
et les actionnaires ;
Un amortissement est prévu de sor-
te que l'Etat demeure seul actionnaire
au bout de 99 ans. 1
M. Boyer soutient que, sans aliéner
la moindre parcelle du domaine co-
lonial, une telle proposition procure-
rait à l'Etat, dans un court laps de
temps, des devises en quantité suffi-
sante pour assurer la ré valorisation
du franc,
Ainsi, le produit de la vente des ter-I
rains domaniaux profiterait, non plus
à la colonie intéressée, mais, du moins
en majeure partie, au budget métro-
politain.
Pour une trouvaille, c'en est une
belle !
Reste à savoir si les populations
indigènes l'entendront de cette oreille.
On se passera probablement de
leur avis, selon la tradition, bien
qu'elles soient les premières intéres-
sées, puisque le projet est soumis
directement à l'examen de la Cham-
bre, sanb passer par les corps élus des
colonies.
A en juger par des précédents, il
est certain que les Annamites ne l'ac-
cepteront pas sans broncher, en ce
qui les concerne.
On se rappelle les protestations vé-
hémentes soulevées par la mission
Candelier qui visait à l'aliénation, au
bénéfice d'une firme, du port de Sai-
gon-Cholon, pour vingt-cinq ans.
Or, cette manœuvre d'accapare-
ment n'est rien comparée à celle de
M. Boyer, qui consiste à réserver tou-
tes les terres disponibles des colonies
à l'exploitation exclusive par un grou-
pement, et cela pour une durée de 99
années, au bout desquelles l'Etat
Français en deviendra l'unique pro-
priétaire.
Autrement dit, les colonies seront
dépossédées, irrémédiablement, dé-
finitivement, de la totalité de leurs
terrains sans titulaire, dès l'institution
du monopole.

Vpe mise au poipt

En effet, il est affiché depuis le 14
Août 1926, aux bureaux de l'Inspec-
tion de Rachgia et dans les maisons
communes des villages intéressés,
une demande « d'aliénation à titre
onéreux de terrains domaniaux »
présentée par la S. I. C. A. F. (groupe
Homberg) d'une superficie de 30.000
hectares — je dis bien trente mille
hectares, pas moinss, - situés dans
six villages du canton de Thanh bien
(Dông-Yên. TàyYn. Dông-Thai, Dông
hoà,Dông-Thanh, Dông hung) et occu-
pant 39 kilomètres sur une longueur
totale de 40 kilomètres du canal Sông
Cai-lon, Rach Can-gao (Rachgia-Ga-
mau) récemment creusé et inachevé.
Il ne s'agit ni d'une vente aux en-
chères ni d'une vente de gré à gré,
mais d'un bail à long terme (de 99 ans)
dont les plus informés ignorent et les
prix et les modalités.
En regardant le plan joint aux affi-
ches, on dirait que le canal a été creu-
sé pour servir exclusivement la puis-
sante société, derrière laquelle des
langues méchantes ou bien rensei-
gnées disent qu'il y aurait Fontaine,
DaFles et Cognacq.
La demande d'une aussi grande su-
perficie ne peut comprendre pas rien
que des forêts vierges et des terrains
incultes, elle englobe fatalement des
terres cultivées et défrichées. Des
droits acquis et des droits des
premiers occupants sont ainsi lé-
sés, d'où des protestations affluent en
masse aux bureaux de l'inspection et
aux villages intéressés.

La Colonisation et la Paix internationale

Il faut préparer
les émancipations futures
Malheureusement, de cruels et
nombreux exemples, sous l'hypocrite
prétexte que les peuples protégés sont
et resteront éternellement nos infé-
rieurs, ont déshonoré Phistoire colo-
niale. On oublie trop facilement que,
comme toute œuvre d'éducation des
jndiyidus, J'ceuvie d'éducation des
peuples ne peut être que temporaire,
et que le devoir de tout administra-
teur est de prévoir, et même de hâter
l'heure à laquelle les peuples mineurs
atteindront leur majorité.
Aussi, nous, Jeunes Républicains,
qui ne croyons pas au dogme de l'in-
fériorité spécifique des races dites de
couleur, ne pouvons-nous que nous
réjouir des paroles prononcées par M.
Varcnne, à Saigon, et qui ont provo-
qué, dans la presse nationaliste, tant
de véhémentes protestations.
Le rôle de la Société des Nations
Mais qui fixera l'heure de cette
émancipation ? Ce ne peut être le
peuple mineur-Sera-ce donc le tuteur?
Non, car celui-ci sera toujours tenté
de retarder cette heure, surtout si son
administration lui procure des avan- ,
tages commerciaux et militaires.
Ce ne peut être qu'une autorité su-
perposée aux nations elles-mêmes, en
l'espèce la Société des Nations. C'est
d ailleurs là la théorie des colonies à
mandat, attribuées par le traité de
Versailles à des nations alliées et pla-
cées sous le contrôle de la Société des
Nations.
En ce qui concerne les anciennes
colonies, non visées par le traité de
Versailles, il y a évidemment une la-
cune, et il est à craindre que, si les
métropoles ne préviennent pas l'évé-
nement, ce sont les colonies elles-
mêmes, qui sonneront le tocsin de
leur libération.

紙面の出典:Source: Bibliothèque nationale de France / Gallica

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